L’ambition de produire 70 000 logements par an dans le Grand Paris, pierre angulaire de la loi relative au Grand Paris de 2010, se heurte aujourd’hui à une réalité physique et économique implacable. Si ce chiffre visait à résorber la crise du mal-logement et à soutenir le dynamisme de la métropole, les travaux de la Chaire Aménager le Grand Paris révèlent un écart structurel entre les objectifs programmatiques et la capacité réelle de mise en œuvre des acteurs de l’aménagement.
Ce déficit chronique ne relève pas d’un manque de volonté politique, mais d’une conjoncture de freins systémiques. La raréfaction du foncier disponible, couplée à la hausse des coûts de construction et aux nouvelles exigences environnementales, transforme chaque projet en un défi financier complexe. À cela s’ajoutent des délais administratifs dilatés et une gouvernance locale souvent réticente face à la densification, complexifiant l’équilibre entre “faire la ville” et préserver le cadre de vie.
Face à cette “crise de l’offre”, la Chaire souligne l’urgence de repenser les modèles de fabrication urbaine. L’enjeu n’est plus seulement quantitatif mais qualitatif : comment produire un habitat abordable sans sacrifier la durabilité ? Alors que l’éloignement des classes moyennes et modestes s’accentue, le Grand Paris doit réinventer ses modes de coopération entre public et privé pour que l’ambition initiale ne devienne pas une utopie lointaine, mais un horizon opérationnel concret.
Séminaires sur le logement
Séance 3 : La diversification de l’habitat dans les programmes de renouvellement urbain (mai 2021)
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Depuis toujours, la politique de rénovation urbaine s’impose une exigence de « diversification de l’offre de logement » via la production de logements privés en accession à la propriété ou avec des loyers libres ou intermédiaires. Qu’en est-il à date dans le Grand Paris ?
Séance 2 : La densification par l’habitat en Grand Couronne :
état des lieux et premier questionnement (Nov. 2020)
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Le SDRIF et le SRHH prévoient que la moitié de l’objectif de production de 70 000 logements neufs par an en Ile-de-France doit être réalisée en grande couronne. Quelles formes cette production peutelle prendre au cours des prochaines décennies ?
Séance 1 : Logement locatif intermédiaire (Jan. 2020)
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Les LLI connaissent un développement rapide dans le Grand Paris. D’après l’étude menée par la DRIHL, 15 400 LLI avaient été agréés entre 2014 et 2018, l’Ile-de-France représente 50% du volume national. Au sein de cet ensemble, 57% sont à Paris et petite couronne, le premier département étant la Seine-Saint-Denis avec 3000 agréments.
Productions
Synthèse POPSU : Métropole entre deux régimes : La densification qu’on a pas vu venir
Par rapport au projet du Grand Paris de 2010, des changements dans la définition même de ce qu’est la métropole du Grand Paris peuvent s’observer, a minima dans les discours. Du renforcement des clusters économiques pour que Paris tienne son rang de ville monde à une logique plus horizontale d’interconnexion et de densification généralisée, le projet du Grand Paris n’est pas celui annoncé par Christian Blanc : les enjeux de l’action publique ont changé et il ne s’est pas vraiment passé ce qui avait été projeté. Ce changement de conception métropolitaine pose une série de constats contre-intuitifs.
Podcasts : La densification résidentielle en Grande Couronne
Comment concilier les besoins importants d’habitat en Île-de-France tout en préservant les terres agricoles et les espaces naturels ? Les regards se tournent vers la Grande Couronne où se concentre déjà la moitié de la population régionale et l’objectif d’accueil de nouveaux logements. Peut-on densifier l’habitat des territoires périurbains sans altérer la qualité de vie ?
Atelier pédagogique sur la densification : “Les scenarios extrêmes”
11 étudiant.es des différentes spécialisations de Master 2 de l’École d’Urbanisme de Paris ont participé à la semaine d’activités communes proposée par la Chaire concernant la densification résidentielle en Grande couronne à l’heure du Zéro Artificialisation Nette (ZAN).
Le groupe d’étudiant.es a déployé la méthodologie du « scénario extrême », un outil créatif de prospective pour travailler sur des enjeux nouveaux sur lesquels il existe de grandes incertitudes, comme ici avec le ZAN. La méthode s’appuie sur la construction de scénario en poussant des pistes de solutions à « l’extrême » de manière caricaturale et sans se préoccuper dans un premier temps de leur crédibilité. Les scénarios peuvent ainsi être utopiques ou dystopiques.
Atelier pédagogique sur “Les mutations pavillonnaires en petite couronne”