Le Grand Paris s’impose comme un terrain d’expérimentation pour les innovations urbaines et financières. Portées par une diversité d’investisseurs publics et privés, elles accompagnent les transformations métropolitaines, redéfinissent les modèles économiques de l’aménagement et participent à l’attractivité et à la compétitivité du territoire.
Ouvrage : Financement de l’aménagement urbain. Acteurs – Innovations
Tendance de fond ou phénomène conjoncturel, le financement des opérations d’aménagement par les investisseurs institutionnels est plus perceptible. Banques d’investissement, fonds souverains, compagnies d’assurances ou encore gestionnaires d’actifs sont sollicités ou s’invitent dans le montage d’opérations urbaines pour y jouer un nouveau rôle.
Marie Llorente, Martine Drozdz, José Inacio Vila Vázquez, décembre 2020, 123 p.
La recherche offre une analyse des modes de fonctionnement et des stratégies des investisseurs, en relation avec les acteurs classiques de l’aménagement urbain en Ile-de-France. Elle porte deux enjeux :
– Tenter de trouver une explication dans la remontée récente des investisseurs dans la chaîne de l’aménagement ;
– Déterminer si cette remontée permet de sécuriser et de diversifier les sources de captation de la valeur par les investisseurs.
Découvrez l'introduction du rapport
Dans un contexte où les disponibilités foncières sont de moins en moins compatibles avec les équilibres économiques des opérations en renouvellement urbain, la maîtrise des projets d’aménagement stratégiques devient de plus en plus difficile pour les collectivités dont la contrainte budgétaire se resserre depuis plusieurs années. Souvent à risque et assez longues, ces opérations d’envergure nécessitent des financements importants devant être sécurisés aux différents stades du projet, du montage à sa mise en œuvre opérationnelle. Historiquement, ces opérations sont réalisées par des aménageurs publics selon un mode assez séquentiel (l’aménageur cédant au terme d’un processus assez long des charges foncières à des promoteurs, l’investisseur arrivant au bout de la chaîne). En général, le financement bancaire est la principale ressource de l’aménageur en plus de ses fonds propres et il doit gérer un décalage de trésorerie important entre les dépenses engagées très tôt et les premières recettes qui arrivent bien plus tard.
L’urbanisme négocié qui apparaît dans les années 2000 et la vague plus récente des appels à projets urbains innovants (APUI) ont sensiblement modifié ces configurations traditionnelles, avec l’apparition de groupements plus intégrés qui répondent à des consultations, notamment le couple promoteur-investisseur. Si le rôle des investisseurs est très prisé dans le tour de table du financement de projets, leur position prend désormais différentes formes. Elles correspondent chacune à un niveau de prise de risque et de réversibilité plus ou moins fort, de la simple lettre d’engagement à mandataire de groupement, jusqu’à se porter acquéreur de foncier et prendre le risque du changement du droit des sols.
Dès lors, ce constat récent d’un positionnement plus en amont des investisseurs invite à reconsidérer la distribution des rôles habituellement constatée dans la chaîne de l’aménagement et son financement. Comment ces acteurs décident-ils de prendre de telles positions et quels sont leurs modes d’action aux différentes étapes des projets (acquisition foncière, conception et programmation, montage, etc.) ? S’agit-il d’une tendance de fond ou d’un mouvement ponctuel favorisé par les APUI et réservé à quelques acteurs en particulier ? Pour tenter d’avancer sur ces questions, cette recherche s’est donc centrée sur ces investisseurs « en situation d’aménagement », c’est-à-dire qui se positionnent plus tôt dans la chaîne et qui peuvent ainsi se sourcer de façon plus anticipatrice. Elle propose une première exploration de leurs modes de fonctionnement et de leurs stratégies, en relation avec les acteurs classiques de l’aménagement urbain en Ile-de-France, sans prétendre à l’exhaustivité.
11 Mai 2023
Cette conférence organisée par la Chaire au Pavillon de l’Arsenal à Paris le jeudi 11 mai 2023 a permis de partager et de débattre des travaux engagés depuis plusieurs années sur ce thème, notamment l’ouvrage “Financement de l’aménagement : acteurs et innovations”.
Première table ronde : Les investisseurs à l’amont de l’aménagement, trop taux ?
Les variations des taux, révélatrices des transformations dans le financement de l’aménagement ? – Raphaël Frétigny :
Un aménageur dans la tête de son banquier ? – Jean-Michel Royo
Quand les propriétaires deviennent investisseurs – Florence Menez
Financement de l’aménagement à Londres : un modèle ? – Martine Drozdz
Deuxième table ronde : “L’aménagement doit-il nécessairement toucher le fond pour se financer ?”
Séquence 1
Séquence 2
Séquence 3
Séquence 4
Billets de la Chaire sur le blog Regards d’experts de la CDC
Des foncières qui s’intéressent… au foncier : un renouveau dans le paysage de l’aménagement ?
Marie Llorente, février 2026
Face aux difficultés de réaliser des projets d’aménagement, les foncières connaissent un regain d’intérêt. Elles semblent notamment constituer une solution pour porter des fonciers difficiles à recycler ou qu’il faut sanctuariser pour du développement économique, du logement abordable, des activités solidaires, etc. Qu’en est-il ? Pour avancer sur cette question, un travail de mise à plat de ce paysage très foisonnant est nécessaire pour décrypter les différentes logiques et motivations.
Pendant la crise immobilière, l’aménagement se réoriente vers les services aux habitants et à l’environnement
Taoufik Souami, décembre 2025