Les modalités de financement de l’aménagement évoluent selon de multiples effets : changements dans la fabrique de la ville (hier en extension urbaine, aujourd’hui dans la transformation de l’existant et dans une considération croissante des enjeux environnementaux et écologiques) ; intervention de nouveaux acteurs aménageurs et financeurs portant, pour certains un regard de valorisation financière de leurs investissements ; contexte macro-économique et financier (dette publique). 
Les travaux de la Chaire s’appliquent à mettre à plat ce paysage des outils et acteurs du financement de l’aménagement, mais aussi, voire surtout, à entrer, dans le détail du système parce que les marges de manœuvres ne peuvent venir que d’une compréhension en profondeur. 
Dans un autre registre, les travaux sur la valeur des fonciers non aménagés s’ouvrent, d’abord, sur un champ plus théorique, celui de la rémunération des contributions environnementales dans les bilans d’aménagement, pour aller vers des applications plus opérationnelles. 
Les cadres théoriques de prises en compte des valeurs socio-écologiques. Extrait des travaux de Fanny Cottet pour la Chaire Aménager le Grand Paris. 2026

Travail sur le foncier non-aménagé 

Fanny Cottet, 2026

Les acteurs de la production urbaine sont confrontés à différents enjeux économiques dans les opérations d’aménagement afin de prendre en compte une diversité de valeurs socio-écologiques attachées aux fonctionnalités écologiques des sols et des écosystèmes, ou encore au maintien du lien social en ville. Afin de traiter de ces enjeux, la Chaire Aménager le Grand Paris a engagé un postdoctorat réalisé par F. Cottet, dans la continuité des travaux initiés dans le cadre du forum acteurs-chercheurs de 2024, visant à explorer les cadres théoriques et les retours d’expériences, pour comprendre comment les acteurs abordent les évolutions du modèle économique de l’aménagement en vue de prendre en compte la pluralité de valeurs attachées à des fonciers dits non-aménagés. 
Rapport prochainement disponible

Les Annales des Mines, coordonné par Sarah DUBEAUX, 2026

L’article examine l’appréhension économique du sol dans l’aménagement quand il n’est plus seulement considéré comme un support constructible mais un élément de l’écosystème ayant des fonctions socio-écologiques. Face aux objectifs de réduction de l’artificialisation, les acteurs de la fabrique urbaine doivent repenser leurs approches économiques, ce qui pose un double défi : opérationnel, avec la nécessité de maintenir l’équilibre des bilans sans construction, et théorique, avec l’intégration des valeurs extra-financières des sols. Deux familles d’approches émergent pour répondre à ces enjeux. La première, instrumentale, utilise des outils comme les évaluations socio-économiques qui monétarisent les externalités via des analyses coûts-bénéfices. La seconde approche, plus radicale, considère les atteintes aux sols comme des « dettes écologiques ». Cette vision, ancrée dans une « durabilité forte », remet en cause les logiques financières classiques et questionne l’économie de l’aménagement, intégrant des valeurs extra-financières et des obligations de préservation.

Rencontres acteurs-chercheurs Lifti : 

2024, 2026

Les rencontres acteurs-chercheurs coorganisées par le LIFTI (Laboratoire d’Initiatives Foncières et Territoriales Innovantes) et la Chaire Aménager le Grand Paris se concentrent sur l’économie de l’aménagement et les valeurs socio-écologiques du foncier.
Découvrez les travaux menés lors des deux rencontres :

Deuxième rencontre : Valeurs socio-écologiques en aménagement : Quelles prises en compte ? 

Fanny Cottet, Sarah Dubeaux, Marie Llorente et Taoufik Souami, 2026

Après un 1er forum organisé en 2024 pour partager un état des réflexions sur ces valeurs, cette deuxième édition met l’accent sur la prise en compte des enjeux socio-écologiques dans le modèle de l’aménagement. Elle propose de la même manière de mettre en commun un paysage de démarches méthodologiques engagées ou en cours d’expérimentation, tant du côté des chercheurs que des praticiens ou des collectivités qui s’intéressent plus particulièrement à l’intégration des finalités écologiques adossées au foncier. Comment les identifier et les caractériser, les mesurer et les quantifier, les estimer ou les comptabiliser ? Quels défis restent à relever pour construire une nouvelle convention partagée dans la manière d’intégrer ces différentes valeurs en aménagement ?
Ce deuxième forum est donc un nouveau point d’étape ouvert qui fait dialoguer opérationnels et chercheurs autour d’expériences et de travaux de recherche en cours. Il invite tous les participants à apporter leurs propres éclairages lors des temps d’échanges prévus.

 

Première rencontre : L’économie de l’aménagement à l’épreuve des transitions

Marie Llorente, Taoufik Souami et Alexandre Couloundre, 2024

La notion de valeur est au cœur des discussions sur le développement urbain et les stratégies des acteurs impliqués. Elle se décline sous diverses formes : financière, sociale, environnementale, d’échange, d’usage…Une opération d’aménagement peut à la fois créer et détruire ces valeurs. Pour naviguer dans ce débat complexe, il est crucial de se pencher sur les outils de mesure.
Depuis plus de quinze ans, des chercheurs ont cherché à dépasser l’approche traditionnelle du bilan interne des opérations d’aménagement. Cette approche est souvent jugée insuffisante pour évaluer pleinement les coûts et bénéfices, y compris les externalités pour toutes les parties prenantes et les impacts environnementaux.
Ce forum a proposé un panorama de ces approches alternatives pour en comprendre les mécanismes. Organisé par la Chaire Aménager le Grand Paris et le LIFTI au Digital Village à Paris 13ème, cet événement a permis d’éclairer le champ scientifique naissant et de favoriser le dialogue sur les enjeux d’évaluation urbaine face aux transitions actuelles. Cette note synthétise les principaux enseignements des trois tables rondes.