Les gares deviennent des pôles structurants des dynamiques métropolitaines, concentrant des mutations urbaines et sociales majeures. Elles catalysent la densification, la diversification des usages et les recompositions des mobilités, tout en soulevant des enjeux d’accessibilité, de mixité sociale et d’intégration aux territoires environnants.
Pierre Joffre (post doctorant), Christine Lelévrier, Sonia Guelton, 2026
Pour ses opérateurs, le GPE porte un double objectif métropolitain convergent : celui de l’amélioration des mobilités pour tous et celui d’une densification urbaine dans les nouveaux quartiers de gare, favorisant une mixité fonctionnelle et sociale. Ces transformations urbaines et les mutations résidentielles que le GPE induit dans des quartiers devenus plus attractifs, poussent-elles les ménages à modifier leurs parcours résidentiels et à mettre en œuvre de nouvelles stratégies (propriété vs location, maison vs appartement, centre-ville vs quartier vert et connecté …) ?
Prenant part à ce débat, la Chaire Aménager le Grand Paris, a commandité une recherche articulant trois approches :
Production d’une typologie socio-dynamique de l’ensemble des quartiers de gare
Observation en finesse des trajectoires et expériences résidentielles (entretiens individuels à Bagneux et Noisy-Champs)
Questionnement des politiques de régulations mises en œuvre.
Atelier M2 PROMU 24/25 : Étude de programmation pour la requalification de la RD920 et de son territoire
Encadré par Hélène Dang Vu et Clément Orillard, 2025
Cet atelier étudie la requalification de la RD920, un axe routier reliant Paris à sa périphérie et traversant Arcueil, Cachan et Bagneux. Commandée par la SADEV 94, l’objectif est de transformer cet espace fragmenté et peu attractif en un axe de développement commun, en atténuant les ruptures urbaines et en améliorant l’habitabilité des quartiers riverains.
Encadré par Lauren Dixon et Christine Lelévrier, 2025
Le développement actuel du Grand Paris doit répondre à des enjeux croissants de réduction de l’occupation des sols (ZAN, nouveau SDRIF-E) et des émissions de carbone, tout en continuant à assurer les fonctions essentielles au développement résidentiel, économique et productif de la région. Afin de répondre à ces deux objectifs, les acteurs du développement urbain s’intéressent de plus en plus au potentiel de reconversion des tissus urbains déjà existants.
2023
En mars 2023, 10 équipes d’étudiants venues de France, de Belgique et de Suisse, se sont réunies autour d’une réflexion prospective sur le futur quartier de la gare du Grand Paris de Noisy-Champs, qui accueillera la future Ligne 15 Sud du Grand Paris Express.
Mars 2022
L’analyse des mutations urbaines dans les quartiers de gare du Grand Paris Express met en lumière une dynamique de construction soutenue dans les quartiers de gare de la ligne 15 sud cinq ans avant la mise en service du nouveau métro. Cette dynamique s’apprécie notamment grâce aux données sur la construction de logement (fichier des permis de construire)
Encadré par Rita Chedid et Anne Pétillot, note réalisée par Clément Mariotte (APUR), 2022
Les évolutions du réseau de transport public à Clichy-Montfermeil, avec l’arrivée de la ligne 16 du grand Paris Express peuvent générer des pressions foncières supplémentaires sur des zones d’activités jusque là tournées par les grands axes routiers proches.
Encadrement des étudiants par Rita Chedid, Sonia Guelton et Anne Pétillot, étude réalisée par Anne-Marie Villot (APUR), 2021
Dans la Métropole du Grand Paris, une partie des activités productives sont regroupées dans des zones d’activités économiques ou ZAE, une appellation qui recouvre notamment d’anciens périmètres d’aménagement. Ce zonage a facilité l’installation d’entreprises à l’écart des zones d’habitat.
Mars 2022
Fabriquer la ville dans le respect du Zéro artificialisation nette (ZAN) et anticiper les effets de localisation et de captation de rente foncière entraînés par la réalisation des gares du Grand Paris Express (GPE) comptent parmi les enjeux structurants du nouveau schéma directeur. Indubitablement, ils invitent à re-penser nos modalités de fabrique de la ville et d’organisation des rapports entre territoires.
Dynamiques résidentielles dans les quartiers de gare du Grand Paris Express (MPR : à supprimer ? il s'agit d'un élément ancien)
La métropole du Grand Paris est marquée par de fortes et croissantes disparités sociales et territoriales, y compris à l’échelle infra-communale. L’attractivité de la desserte du Grand Paris Express et les transformations urbaines et résidentielles qu’elle entraîne, interrogent ainsi à la fois sur les risques d’un renforcement de ces disparités ainsi que sur les capacités de l’action publique à les atténuer.
Les travaux déjà menés par le cabinet Acadie et dans le cadre de la Chaire sur les dynamiques de marché autour des gares, apportent un premier éclairage. Ils tendent à montrer des effets potentiels différenciés selon les types de territoires et les dynamiques de marché pré-existantes, mais également selon l’ampleur et le statut des projets d’aménagement et opérations de logement mises en œuvre.
Ce projet vise à poursuivre ces recherches en apportant un autre éclairage sur les dynamiques résidentielles, à travers l’analyse des mobilités et parcours résidentiels des ménages dans et autour de ces quartiers de gares. Les nouveaux programmes de logement privé peuvent attirer des ménages plus aisés dans les communes à forte proportion de logement social, accueillant des ménages à bas revenus. Les risques d’éviction et de « relégation spatiale » des populations résidentes, sous l’effet des démolitions et/ou de la hausse des valeurs immobilières et foncières restent néanmoins présents.
À l’inverse, dans les villes beaucoup plus aisées et à faible mixité, les opérations publiques d’aménagement peuvent réduire la ségrégation en favorisant l’accueil de ménages à revenus plus modestes dans les programmes neufs de logement social ou de logement intermédiaire.
Pour aller plus loin
La création des nouvelles lignes de métro qui desserviront la banlieue parisienne en rocade améliore l’accessibilité urbaine de ces espaces, qui pour la plupart étaient reliés à Paris en transports en commun lourds, mais plus difficilement entre eux. Elle pose toutefois la question de l’impact sur l’accessibilité sociale de ces espaces, qui connaissent déjà des dynamiques sociales dans le cadre d’une métropole où la répartition des populations dans l’espace est particulièrement marquée par des grandes lignes d’opposition historiques.
Dans ce cadre, la recherche menée vise à observer les effets en termes de transformations sociales des quartiers de gare, de l’arrivée des lignes de métro du GPE. Pour ce faire, il s’agit à la fois d’analyser les données disponibles sur la composition sociodémographique de ces espaces et leurs évolutions, afin d’interroger les dynamiques en cours et d’approcher des ménages nouveaux et anciens résidents de ces quartiers, pour aborder leurs trajectoires résidentielles.
La mobilisation des partenaires SGP, EPA Marne et EPFIF a permis de réduire les propositions de 11 à 4 quartiers, sur lesquels nous allons lancer au printemps 2025 l’enquête auprès des ménages.
Une première revue de la littérature revenant sur les débats autour des notions de gentrification et de mixité sociale a été réalisée. Une autre revenant sur les trajectoires résidentielles est en cours.
La méthodologie mixte sur laquelle repose cette recherche s’appuie donc sur la mise en forme de données complétée par une approche qualitative par le biais d’entretiens auprès des ménages résidents.
Les 4 quartiers sur lesquels la Chaire va lancer l’enquête auprès des ménages :
- Bagneux-Lucie-Aubrac
- L’Haÿ-les-Roses
- Noisy-Champs
- Pont de Bondy
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